Pollution électromagnétique : les éleveurs ont décidé de réagir

    Pollution électromagnétique : les éleveurs ont décidé de réagir

    Le danger des ondes électromagnétiques ne concerne pas uniquement les particuliers. Depuis quelques temps, un nombre croissant d’éleveurs se dresse contre les ravages provoqués par les champs électromagnétiques sur leurs bêtes. Une pollution qui impacte directement leur activité, mais qui a également des conséquences sur leur vie (stress, suicide, etc.). L’occasion de s’intéresser de près à ce fléau qui touche directement nos campagnes et interroge sur nos modes de vie.

    Danger des ondes sur les animaux : les pouvoirs publics font la sourde oreille

    Le 27 décembre 2018, Chantal Deseyne, Maire de Serville et Sénatrice d’Eure-et-Loir, a posé au Sénat la question des conséquences sanitaires d’une exposition aux ondes électromagnétiques des animaux d’élevage. Appelant l’attention du Ministre de l’agriculture et de l’alimentation, l’élue interpelle sur certaines difficultés rencontrées par les éleveurs, notamment la surmortalité des veaux. L’objectif de cette demande ? Savoir si des études existent sur les effets des champs électriques et magnétiques afin de pouvoir apporter une réponse aux éleveurs en souffrance.

    La réponse publiée dans le Journal Officiel du Sénat le 14 février 2019 est sans appel : le GPSE (Groupe permanent pour la sécurité électrique) n’a pas mis en évidence un lien de causalité entre les symptômes observés sur les animaux d’élevage et les ondes électromagnétiques. Et bien que les effets des courants parasites, notamment des lignes haute tension, soient connus, les différents rapports officiels ne permettent pas de conclure qu’ils ont un impact sur la performance et la santé des animaux. Une réponse d’autant plus terrible pour les éleveurs qu’elle avance un autre constat : lorsque des difficultés sont identifiées, elles sont dus à une mauvaise conduite de l’élevage. Autrement dit, la pollution électromagnétique n’aurait rien à voir dans les problèmes rencontrés par les éleveurs.

    Un éleveur se dresse contre les champs électromagnétiques

    Peu de temps avant la publication de cette réponse, un éleveur a décidé de sortir de l’ombre pour dénoncer l’impact des champs électromagnétiques sur son élevage. Patrick Pilon, éleveur dans la Sarthe, a vu mourir 200 000 lapins en l’espace de 4 ans. Une surmortalité qu’il attribue aux pollutions électromagnétiques touchant son exploitation, notamment en raison de la présence d’une antenne-relais à quelques mètres de là. Pour appuyer ses propos, l’éleveur a fait réaliser une expertise par un géobiologue de la Chambre d’Agriculture de la Sarthe. Alors que le niveau de fréquence maximal ne devrait pas dépasser 500 mV/m, l’étude conclut qu’il est compris entre 600 et 800 mV/m au sein du bâtiment abritant ses lapins. Une surexposition aux ondes qui serait probablement due à l’installation d’une antenne-relais à seulement 140 mètres de son exploitation. Depuis le passage à la 4G, Patrick Pilon a constaté que ses animaux avaient un comportement anormal et ne mangeaient pas, malgré une absence de pathologie particulière.

    Malgré cela, aucune preuve ne permet d’incriminer directement l’antenne-relais ou une autre installation. L’éleveur, aujourd’hui en redressement judiciaire à cause d’une production impactée, a néanmoins décidé de réagir. Il a rejoint l’APEM (Association de Protection de l’Environnement Malicornais) et a rallié d’autres agriculteurs à sa cause. Il faut dire qu’une dizaine de cas similaires ont déjà été recensés dans la région. De quoi inciter les autorités à se pencher sur la question ? Rien n’est moins sûr pour le moment.

    Faire des dangers électromagnétiques une cause nationale

    La situation de Patrick Pilon est loin d’être un cas isolé. L’éleveur a pu s’en rendre compte à l’occasion d’une réunion organisée le 8 février 2019, à laquelle ont participé 150 personnes dénonçant les dangers d’un phénomène qui n’est pas reconnu par les autorités sanitaires. Pour les géobiologues, les nuisances qui touchent les animaux (affaiblissement, diminution de l’immunité, perte de productivité, infécondité, mort, etc.) sont effectivement dues à la présence de lignes haute tension et d’antennes-relais. Le problème, c’est que la profession de géobiologue n’est pas reconnue par l’État et que leurs études ne sauraient donc avoir de valeur aux yeux des autorités sanitaires. Une réponse qui ne satisfait pas les éleveurs ayant participé à la réunion, eux qui voient leur vie basculer à cause des perturbations électromagnétiques impactant leur exploitation. Une situation d’autant plus dramatique que, pour certains, elle a entraîné la faillite, voire même des tentatives de suicide.

    Alors, que faire face à la défiance affichée par les autorités ? Plutôt que de se taire, ces agriculteurs ont décidé de se faire entendre afin de mobiliser le grand public et, ainsi, faire réagir l’État. Un premier combat réussi puisque plusieurs femmes politiques ont fait le déplacement, dont Sylvie Tolmont, Députée de la Sarthe, et Nadine Grelet-Certenais, Sénatrice de La Flèche. Prochain objectif ? Faire de leur lutte contre les pollutions électromagnétiques une cause nationale.

    Achat Appareil Mesure CEM (champs électromagnétiques)
    Achat Appareil Mesure CEM (champs électromagnétiques)

    Cécile M.

    Cécile M.

    Cécile, 37 ans, je suis ce qu'on appelle une personne électro-sensible (EHS ou "électro-hypersensible").

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