Bientôt un centre médico-social pour les personnes électro-sensibles ?

    Bientôt un centre médico-social pour les personnes électro-sensibles ?

    Alors que plus de 3 millions de personnes souffrent d’électro-sensibilité en France, aucun centre ne peut aujourd’hui les accueillir. Une réalité qui est peut-être sur le point de changer : on parle en effet d’un potentiel futur centre médico-social dans les Hautes-Alpes

    Si l’électro-sensibilité n’est plus à prouver, la France ne dispose actuellement d’aucune structure pouvant accueillir les quelques millions de personnes souffrant de la profusion des ondes. Du moins, jusqu’à maintenant. Il semblerait qu’un projet de centre soit en train de voir le jour… Un tout premier centre médico-social pour personnes électro-sensibles, qui s’installerait visiblement à Durbon, petit hameau situé dans les Hautes-Alpes.

    Durbon, un lieu stratégique

    La première question qui nous vient quand on apprend la nouvelle c’est : pourquoi dans les Hautes-Alpes ? La réponse est très simple ! Il se trouve que Durbon se situe dans l’une des dernières zones blanches de France. Autrement dit, un espace où il n’y a ni internet, ni réseau mobile. Aucun risque, donc, d’être perturbé par les ondes.

    Malheureusement pour les personnes électro-sensibles, ces zones blanches se font de plus en plus rares sur le territoire français. Mais grâce à ce projet pionnier, celle du hameau de Durbon pourrait bien être préservée ! Le tout premier centre d’accueil médico-social Français et Européen pour les personnes électro-hypersensibles et chimico-sensibles a donc de grandes chances d’aboutir.

    Un projet porté par l’Association Zones Blanches, qui consisterait notamment à réhabiliter 17 habitations sur un domaine de 63 hectares, appartenant actuellement à la CAF des Bouches-du-Rhône. « On est en train de définir le projet pour évaluer le nombre de personnes à accueillir. Il faut prendre en compte les besoins de chacun, savoir par exemple si un patient viendra seul ou avec sa famille. S’il veut rester longtemps ou non », expliquait Marie-Noëlle Bollinger, cheffe du projet, à WeDemain.

    Lancé en 2010, le projet de ce centre n’a malheureusement pas pu voir le jour plus tôt : bien qu’ayant remporté l’appel d’offre de la CAF en 2015, l’association n’avait pas les fonds nécessaires pour acheter. Aujourd’hui, elle s’associe au bailleur social Solidarité Habitat, ce qui devrait lui permettre de devenir gestionnaire du lieu. Une fois la réponse de la CAF obtenue, les travaux devraient pouvoir commencer !

    Un espace pour respirer

    Au quotidien, l’électro-sensibilité est quelque chose de très compliqué à vivre, et je sais de quoi je parle ! Actuellement, près de 3,3 millions de français déclarent en souffrir, à différents degrés. Le plus souvent, ces personnes sont également chimico-sensibles – autrement dit intolérantes aux odeurs que peuvent notamment dégager les produits chimiques.

    Des pathologies se traduisant par des maux de tête, des nausées ou encore des troubles du sommeil (voir ici), bien qu’aucun lien de cause à effet n’ait été établi de manière scientifique. Toutefois, l’Anses et l’OMS reconnaissent que la souffrance de ces personnes est réelle, et qu’il faut la prendre en compte.

    Dans la vie de tous les jours, les électro-hypersensibles (EHS) et chimico-sensibles (MCS) se retrouvent isolés du reste de la société et/ou doivent vivre avec des douleurs perpétuelles. Difficile en effet de demander à tous ses voisins de couper leur Wifi… D’où la nécessité de créer un lieu de vie où les personnes concernées pourraient séjourner plus ou moins longtemps.

    Des infrastructures adaptées

    À terme, Durbon devrait être constitué de trois unités distinctes : une pour faire de l’accueil à court et moyen terme, une pour un accueil à moyen et long terme, et une unité de recherche – le Centre européen de recherche sur les EHS et MCS. Il sera donc possible de venir y séjourner pour les vacances, où y vivre de manière plus ou moins définitive selon les cas.

    Un suivi médical sera d’ailleurs proposé ainsi qu’une expérimentation – uniquement pour les personnes volontaires, bien évidemment, afin d’étudier cette maladie et peut-être trouver des traitements ou protocoles capables de soulager les électro-sensibles. Certains cas, plus légers que d’autres, pourraient ainsi retrouver une vie « normale ».

    Pour celles et ceux qui y résideraient sur le long terme, mais également pour le confort de toutes et tous, Durbon fera tout pour être une destination agréable et pleine de vie : création d’emplois, école Montessori, bar associatif, cinéma, Biocoop… Tout est prévu pour que la vie sur le site soit la meilleure possible !

    Cécile M.

    Cécile M.

    Cécile, 37 ans, je suis ce qu'on appelle une personne électro-sensible (EHS ou "électro-hypersensible").

    2 thoughts on “Bientôt un centre médico-social pour les personnes électro-sensibles ?

      1. Bonjour Alexandre,
        Quelle chance, c’est un très joli coin à priori 🙂
        Au plaisir d’échanger à ce sujet si je passe dans le coin. Vous pourriez ainsi me parler de votre belle association.
        Bonne continuation !

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